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Type de document
Rapport d'étude
Titre
Précarité et trajectoires de santé : Impact de la CMU dans l’accès et la consommation de soins. Une enquête au service d’accueil des urgences de Nice.
Année
2001
Pages
70
Résumé (français)
Depuis leur mise en place dans le milieu des années 60, les Services d’Accueil des Urgences (SAU) n’ont cessé d’augmenter leur activité, notamment lors de cette dernière décennie où la fréquentation de ces unités a connu une croissance de 43% dans le secteur public. La Direction de le Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) évalue ainsi aujourd’hui à 11 273 000 le nombre de passages aux SAU par an en France, dont 10 331 000 passages pour le seul secteur public.
Ce constat pose naturellement la question des motivations des individus à recourir à ce type de structures. Il semble en effet se produire une modification des comportements des individus, ou tout du moins d’une part d’entre eux, concernant le mode d’entrée dans le système de soins.
Une étude menée par l’ORS PACA en 1998 au SAU de Nice a mis en lumière deux problèmes fondamentaux dans l’appréhension du recours aux urgences. D’un côté, une part non négligeable de la population avait recours aux urgences de façon injustifiée dans le sens où le problème de santé pour lequel ces personnes recouraient au SAU ne nécessitait pas un passage obligatoire par le SAU. Le principal facteur discriminant pour expliquer ces recours injustifiés est la précarité qui a été atteinte lors de cette enquête au travers du lieu de résidence (les habitants des îlots sensibles versus les autres) et du niveau de couverture sociale (les individus ne bénéficiant pas d’une couverture maladie complète versus les autres). D’un autre côté, lorsque le recours relève d’un point de vue médical du SAU, on constate une part non négligeable de recours aux soins tardifs qui devient même importante pour des populations plus précaires en particulier celles résidant dans les quartiers prioritaires.
Parallèlement, depuis les années 80, les plans successifs de maîtrise des dépenses de santé se sont, entre autres réformes, concentrés à relever le ticket modérateur, c’est à dire la part que l’assurance maladie ne rembourse pas aux patients, soit finalement la part qui reste à la charge des ménages. En fait, ces mesures successives conduisent plus à un transfert d’une partie du coût de la santé vers les ménages plutôt qu’à une réelle maîtrise des dépenses.
Il en résulte qu’aujourd’hui environ 25% des dépenses de santé sont à la charge des ménages en France, ce qui place notre pays dans la queue du peloton européen en matière de socialisation du risque maladie. Ce mouvement de « désocialisation » conduit une part importante de la population à renoncer aux soins, le CREDES estime à environ 25% la part des ménages qui ont du renoncer au moins une fois à des soins pour des strictes raisons financières. Ainsi, l’élévation du ticket modérateur, autrement dit la responsabilisation financière accrue des consommateurs de soins, réintroduit une sensibilité de la demande de soins à son prix, c’est à dire rend la demande de soins élastique aux prix de ces soins. Les exemples de soins les plus parlant sont les prothèses dentaires et visuelles pour lesquelles la charge financière pour les ménages peut très vite devenir insupportable. La précarité en matière de santé semble donc dépasser le simple cadre d’une frange extrême de la population en situation de pauvreté mais toucher de façon générale une part significative de la population. La réponse politique a été en France d’introduire en janvier 2000 la CMU censée assurer une couverture maladie minimum aux individus ayant un revenu par unité de consommation inférieur à 3500 FF.
Face à cela, les urgences qui proposent donc un plateau technique complet, difficilement égalable par la médecine de ville en terme de quantité et de qualité , qui sont ouvertes tous les jours 24 heures sur 24 et qui, quel que soit le motif de consultation, ne demandent jamais d’avance de frais, présentent forcément des atouts non négligeables dans le choix du patient dans son mode d’entrée dans le système de soins.
D’un point de vue économique, peut-on considérer que le choix systématique des urgences, et donc abusif d’un point de vue médical dans certains cas est un comportement rationnel ? Pour ce faire, il nous faut approcher les fondements et motivations de ces types de comportements.
La présente recherche vise ainsi à explorer les liens existant entre la précarité et la santé des populations en tentant d’appréhender et de préciser ce en quoi la CMU a modifié les trajectoires de santé des individus, avec comme point de focalisation le service d’accueil des urgences. (introduction)
Mots clés
Accès soins; Alpes Maritimes; couverture sociale; Enquête; Pauvreté; Régime général; Soins urgence; Urgence hospitalière
Code
01-R3
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01-R3