Evaluation de l'efficacité de la buprénorphine injectable dans la prise en charge de la dépendance aux opiacés chez des consommateurs de buprénorphine par voie intraveineuse en échec de traitements de substitution aux opiacés

Problématique : 

Les dernières données nous montrent qu’entre deux tiers et trois quart des personnes dépendantes aux opiacés ont accès aux traitements de substitution aux opiacés (TSO) en France. Bien que la mise à disposition de la buprénorphine sublinguale en médecine de ville en 1995 (associée à un accès élargi aux programmes d’échange de seringues) ait permis de diminuer considérablement l’épidémie de VIH chez les usagers de drogues (UD), l’épidémie de VHC est restée très active chez les UD. Ces chiffres sont le signe que certains UD présentent des pratiques à risque et notamment liées à l’utilisation de drogues par voie intraveineuse. Chez les patients traités par buprénorphine, le pourcentage de personnes qui déclare avoir injecté leur traitement est non négligeable et varie selon les populations et le contexte : de 28% à 46% selon les enquêtes. Parallèlement, certains usagers de drogues injectent des opiacés non prescrits ou d’autres traitements prescrits tels que le sulfate de morphine et même la méthadone. A côté des conséquences évoquées plus haut sur les risques de transmission du VHC, d’autres complications au site d’injection sont connues telles que les abcès, cellulites, elles peuvent être graves et entrainer une utilisation élevée des services des urgences par ces UD. Ces données suggèrent la pertinence d’évaluer un traitement injectable à base de buprénorphine pour les personnes dépendantes aux opiacés pour lesquelles les traitements existants ne sont pas efficaces.

Objectifs : 

Ce projet concerne la mise en place d’un essai clinique pour évaluer la buprénorphine intraveineuse comme traitement de la dépendance aux opiacés.

Méthodologie : 

Afin de pouvoir lancer l’essai clinique, plusieurs missions doivent être finalisées :
- Préparation de la "brochure investigateur" qui inclura le protocole de l’essai clinique, une mise à jour de la revue de la littérature sur la question et les données de stabilité issues de la production des lots cliniques par Ethypharm.
- Accompagnement des Centres de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) dans la procédure d’obtention d’une autorisation de lieu de recherche clinique.
- Poursuite des réunions du comité de pilotage afin de valider les différentes données de mise à jour et de préparer la mise en place de l’essai clinique.
- Valorisation des données de l’enquête PrébupIV à travers des publications scientifiques et présentations à des conférences.

État d'avancement : 

Les aspects conventionnels entre le Laboratoire Ethypharm et l’ANRS sont en cours de finalisation. Les différentes modalités de partenariat entre les centres de méthodologie et gestion (CMG) sont en cours de réflexion.