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Période :
2026 - 2029
Rubrique :
Recherche
INFODEM-EARLY
Partenaires

Institut Pasteur (Unité anthropologie et écologie de l’émergence des maladies) ; Centre hospitalier universitaire de la Réunion ; Observatoire Régional de la Santé (ORS) de Mayotte.

Commanditaires

Agence Nationale de Recherches sur le Sida et les Hépatites virales | Maladies infectieuses émergentes (ANRS | MIE) via l'Institut Pasteur.

Thèmes :
Recherche interventionnelle
Vaccination / hésitation vaccinale
Problématique

Dans les territoires ultramarins, où des d’épidémies d’arboviroses (dengue, chikungunya, zika) se produisent fréquemment, la confiance vaccinale reste très fragile. L’interruption, en avril 2025, à la Réunion, lors d’une importante épidémie de chikungunya, de la campagne de vaccination avec un nouveau vaccin vivant atténué contre cette maladie, en raison de plusieurs cas d’encéphalite chez des personnes âgées, liés à la vaccination elle-même, a ravivé de vives inquiétudes, jusqu’à relancer l’accusation de "créolicide". Le projet INFODEM-EARLY est né de cette tension entre d’une part un risque élevé d’épidémies d’arboviroses et d’autre part la persistance, après la pandémie de COVID-19, de vives réticences contre la vaccination nourrie d’une méfiance importante à l’égard des autorités de l’hexagone.

Objectifs

Le projet vise à mieux comprendre les peurs, à y répondre avec empathie et à favoriser l’acceptation, à long terme, de futures campagnes de vaccination. Quatre objectifs, étroitement liés, sont poursuivis :

1. Détecter en temps réel les discours émergents liés à la vaccination en combinant une veille à grande échelle des réseaux sociaux avec un travail de terrain qualitatif approfondi dans les dispensaires

et les communautés de La Réunion et de Mayotte ;

2. Expliquer comment ces discours circulent entre les sphères en ligne et hors ligne et entre ces territoires et les autres départements et régions d'outre-mer (DROM) ainsi que la France métropolitaine ;

3. Former les professionnels de santé à l’entretien empathique de réfutation (EER), une approche conçue pour lutter contre la désinformation, selon un modèle en cascade : formation de formateurs, professionnels de santé, dans les territoires, qui formeront à leur tour des professionnels de santé locaux, et mise à disposition ensuite d’un outil de simulation d’EER (EER-SIM) pour s'exercer avec des patients virtuels parlant le créole, le shimaore et/ou le français ;

4. Évaluer si ce système intégré réduit le délai entre l’émergence d’une rumeur et la mise en place de mesures correctives, et si le personnel formé à l’EER et à l’EER-SIM est plus confiant et compétent pour répondre aux préoccupations liées au vaccin contre les arboviroses.

Méthodologie

Le WP 1 mettra en place un recueil de données --déjà testé à la Réunion lors de l’épidémie de Chikungunya en 2025-- auprès des radios locales, journaux et réseaux sociaux. Une intelligence artificielle, entraînée à reconnaître des récits vaccinaux, en créole réunionnais, en shimaore (Mayotte) et en français, classera les contenus à l’aide de modèles linguistiques et permettra de signaler aux ARS tout sursaut de méfiance.

Le WP 2 mènera une étude ethnographique de la perception des risques à La Réunion et à Mayotte, en réinjectant les nuances de sens dans la classification du WP1.

Le WP 3 adaptera l’EER aux réalités insulaires, formera 24 formateurs professionnels de santé (avec l’université de Bristol) qui formeront à leur tour 150 professionnels de première ligne. Un chatbot de simulation de l’EER sera développé et lancé sur un portail web sécurisé où les professionnels de santé pourront s’entraîner avec des patients virtuels dotés de la parole et recevoir un retour d’information sur leur réalisation des étapes de l’EER (écouter, valoriser, corriger les idées fausses, informer).

Le WP 4 évaluera à la fois l'adéquation culturelle de l'EER adapté et, avec le concours de notre ORS, la facilité d'utilisation de l’outil EER-SIM à travers une étude qui croisera des données quantitatives et des données d’entretiens avec les professionnels de santé.

État d'avancement

Le projet a été accepté et devrait démarrer courant 2026 après la mise en place des conventions de financement par l’ANRS-MIE.