
Une étude a été réalisée dans le cadre du projet ICOVAC - Impact de la COVID-19 sur la vaccination en France (financement de l'ANRS Maladies infectieuses émergentes - ANRS-MIE) auprès de 19000 infirmières en France en 2023 pour étudier les liens entre leurs conditions de travail et leurs attitudes vaccinales et leurs comportements de vaccination. Les résultats indiquent que la satisfaction au travail améliore les attitudes et les comportements des infirmières vis-à-vis de la vaccination. En effet, la satisfaction des conditions de travail des infirmières favorise une meilleure confiance dans les autorités de santé ; cette confiance dans les institutions est elle-même associée à une plus grande confiance des infirmières dans les vaccins et à un degré plus important d’engagement dans la promotion de la vaccination des patients. Confiance vaccinale et engagement sont enfin à leur tour des déterminants importants de leurs comportements de recommandation de vaccins aux patients : plus cette confiance et cet engagement sont solides, plus la recommandation des vaccins aux patients est systématique. Cet article montre que les attitudes vaccinales des infirmières ne sont pas uniquement liées à leur niveau de formation, mais aussi, et de façon significative, à leur environnement de travail. Ceci est à resituer dans le contexte d’une dégradation de leurs conditions de travail, qui s’est accentuée depuis la crise de la COVID-19. En d’autres termes, les réticences de ces professionnelles vis-vis des vaccins peuvent traduire un malaise au travail et constituer une forme de protestation à cet égard.